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AU SOMMAIRE
1-
Avant une loi, un vrai débat
éthique |
Euthanasie : avant une loi, un vrai
débat éthique
Selon
l'étymologie grecque le terme signifie bonne ( eu) mort ( thanatos).
L'euthanasie
signifie : provoquer ou hâter la mort pour abréger les souffrances. On
distingue l'euthanasie active, qui "suppose le geste d'un tiers qui donne
la mort", de l'euthanasie passive, c'est-à-dire "l'arrêt des
traitements qui abrège la vie lorsque le cas est désespéré".
Il
y a un peu plus de trois siècles, Jean de La Fontaine pouvait écrire du
laboureur désireux de faire à ses enfants l'éloge du travail:
« Un
riche laboureur, sentant sa mort prochaine,
Fit
venir ses enfants, leur parla sans témoins »
La
mort était alors entourée, affaire familiale ou publique ce qui est loin
d'avoir disparu chez nous et ce qu'elle demeure dans bien des régions du monde.
Mais ce qui frappe le plus dans les vers cités, c'est la mention, - qui a l'air
toute naturelle pour l'auteur, - de ce que le laboureur sent venir sa mort
et s'y prépare. Peut-on en dire autant aujourd'hui?

![]()
Paris,
le 26/09/03. LJS.com
Le geste de Marie Humbert,
qui a aidé son fils tétraplégique, aveugle et muet à mourir relance le débat
sur l’euthanasie en France. LJS.com a recueilli les réactions de Géry
Boulard, anesthésiste-réanimateur au service de Neurochirurgie et Neuroréanimation
de l’hôpital Pellegrin ( Bordeaux) et ancien président de l’Association
de neuro-anesthésie-réanimation de langue française.
Géry Boulard a été auditionné par le Comité Consultatif
National d’Ethique pour les sciences de la vie et de la santé
(CCNE) lorsque ce dernier a rendu un avis sur l’euthanasie en 2000. (1).
Selon
lui, il est urgent que la société française se pose les vraies questions
sur l’euthanasie.
(1) Fin de vie, arrêt de vie, euthanasie. Avis N°63 du CCNE – 27 janvier
2000
LJS.com
: François Fillon, ministre des affaires sociales, déclare vouloir modifier
la législation sur l’euthanasie. La société française est-elle prête
aujourd’hui à légaliser l’euthanasie ?
Je ne sais pas. Pour moi, l’essentiel aujourd’hui n’est pas de savoir
s’il faut ou non modifier la loi. La question est plutôt celle d’un débat
éthique : la société tout entière doit mener une vraie réflexion au sujet
de l’euthanasie. Il faut classer les problèmes et non pas les traiter à
chaud. Ce n’est pas parce que l’actualité fait ressurgir la question
qu’il faut vouloir modifier la loi brutalement... On trop tendance à polémiquer
en France. Or la situation rare et particulière dont il est question
aujourd’hui nécessite pudeur et respect.
Le
débat sur l’euthanasie est-il bien posé ?
Je crois qu’aujourd’hui on assiste à un bruit de fond général qui
entretient une méconnaissance totale du sujet.
La
définition même de l’euthanasie serait-elle alors mal maîtrisée en
France ?
Oui, en quelque sorte… Les questions essentielles ne sont pas posées si
bien que dès qu’on parle d’euthanasie dans ce qu’elle est réellement,
c’est à dire, arrêter volontairement la vie de quelqu’un, on crie au
scandale. On entend alors certains opposer «l’euthanasie passive» à «l’euthanasie
active», ce qui pour moi n’a absolument aucun sens. En parlant
d’euthanasie passive, les gens font référence à la décision raisonnée
d’appliquer ou non un traitement quand on est au bout du chemin, ce qui
n’est pas du tout de l’euthanasie. Les recommandations des sociétés de réanimation
à travers le monde sont unanimes sur ce sujet qui a été abordé sous les
angles éthiques, philosophiques et médicaux depuis de nombreuses années.
Ministre
des Affaires Sociales François Fillon qui avait proposé jeudi
25/09
« d'ouvrir
un débat pour modifier notre législation »,
après
que Marie Humbert eut tenté d'aider son fils tétraplégique à mourir au
centre hélio-marin de Berck-sur-Mer (Pas-de-Calais) a été désavoué samedi
par Jean-Pierre Raffarin. Dans Le Figaro, le Premier ministre
explique que l'"on ne peut pas gouverner ou légiférer pour des situations
si spécifiques. (…) la vie n'appartient pas aux politiques."
François Fillon avait, jeudi, déclaré à Europe 1 que "depuis ce matin,
je pense beaucoup à elle, parce que je suis père de famille et que j'essaye de
me mettre dans la situation qui est celle de cette femme et je mesure l'immensité
de sa souffrance".
"Naturellement, en tant que membre du gouvernement, je ne peux pas préconiser
que la loi ne soit pas respectée, mais je crois qu'il faut ouvrir un débat
pour modifier notre législation et pour pouvoir, avec toutes les garanties nécessaires,
prendre en compte les situations comme celle-là", avait-il ajouté.
"Je ne sais pas ce que ce débat peut donner, mais je crois qu'il faut
vraiment l'ouvrir et je pense qu'elle (Marie Humbert) peut être fière d'avoir
permis l'ouverture de ce débat dans notre pays", a-t-il estimé.
"Non, ça ne me choque pas. Je ne dis pas qu'il y a une solution facile à
trouver à cette situation, mais non, je ne serais pas choqué que l'on légifère
sur cette question", avait-il encore affirmé.
"Loi ou
pas, il faut que l'hypocrisie cesse"
Bernard
Kouchner -
médecin, ancien ministre de la Santé
NOUVELOBS.COM
| 26.09.03 | 18:30
Quelles
seraient, selon vous, les grandes lignes d'une bonne loi ? Quels points
litigieux nécessitent une définition claire ?
- Faut-il une loi ? Je n'en suis pas persuadé. L'idée du Conseil Consultatif
National d'Ethique d'une "exception d'euthanasie" pour les cas
difficiles comme celui de Vincent Humbert est intéressante.
"Le
malheur de Vincent, c'est d'être du peuple"
François de
Closets -
journaliste et essayiste,
il a publié un ouvrage sur l'euthanasie : "La Dernière liberté", (éd.
Fayard, 2001)
Comment réagissez-vous au geste de Marie Humbert, la mère de Vincent ?
- Je trouve très malheureux que l'on ait laissé ce geste à la seule charge de
la mère de Vincent. Son fils l'a demandé, l'a réclamé. Je trouve inhumain
que la société laisse une mère seule face à cela, sans aucun recours. Si
Vincent avait été le fils d'un grand professeur de médecine, il y a longtemps
qu'il ne serait plus là. Le malheur de Vincent c'est d'être du peuple. Toute
la classe dirigeante meurt à l'heure qu'elle veut.
Pour
aller plus loin…
Extrait de l’avis rendu par le CCNE (N°63 – 27 janvier 2000).
Face
à la difficile et douloureuse question de la fin de vie et de l'arrêt de vie,
le CCNE affirme que la question de l'euthanasie proprement dite ne peut être
isolée du contexte plus large que représente le fait de mourir aujourd'hui
dans un monde fortement marqué par la technique médicale, ses qualités évidentes,
mais aussi ses limites. Le véritable défi devant lequel la société se
trouve placée revient à permettre à chacun de vivre au mieux (ou au moins
mal) sa mort et, dans la mesure du possible, de ne pas en être dépossédé.
La mise en oeuvre résolue d'une politique de soins palliatifs,
d'accompagnement des personnes en fin de vie et de refus de l'acharnement thérapeutique
doit y conduire. Cette même détermination doit de plus permettre de réduire
à des situations rares et exceptionnelles les demandes d'euthanasie
proprement dite, sans toutefois réussir à éviter qu'elles ne se posent plus
jamais.
Faire
face à la question euthanasique
dans ces cas-là conduit à affirmer des valeurs et des principes touchant
tant à la liberté des individus qu'aux exigences du respect de la vie
individuelle et sociale. Ces valeurs et ces principes méritent tous la plus
grande considération. Mais, de fait, ils entrent en conflit les uns avec les
autres et s'avèrent contradictoires, générant ainsi un dilemme qui peut se
révéler paralysant. Or le dilemme est lui-même source d'éthique ; l'éthique
naît et vit moins de certitudes péremptoires que de tensions et du refus de
clore de façon définitive des questions dont le caractère récurrent et
lancinant exprime un aspect fondamental de la condition humaine.
C'est
ainsi qu'il apparaît au CCNE qu'une position fondée sur l'engagement et sur
la solidarité est en mesure de faire droit aux justes convictions des uns et
des autres et de lever le voile d'hypocrisie et de clandestinité qui recouvre
certaines pratiques actuelles. Cette position d'engagement solidaire, mobilisée
par les divers aspects de la réalité du consentement comme valeur (respect
du consentement de la personne, refus de fuir l'inéluctable, nécessité du débat
et d'une décision collective), invite à mettre en oeuvre une solidarité qui
ne saurait toutefois s'affranchir du risque que représente un geste qui ne
visera jamais qu'à agir au moins mal. Elle pourrait trouver une traduction
juridique dans l'instauration d'une exception d'euthanasie.
La mort donnée reste, quelles que soient les circonstances et les
justifications, une transgression. Mais l'arrêt de réanimation et l'arrêt
de vie conduisent parfois à assumer le paradoxe d'une transgression de ce qui
doit être considéré comme intransgressable.
Si
en situation concrète la décision d'arrêter une vie peut aux limites apparaître
un acte acceptable, cet acte ne peut se prévaloir d'une évidence éthique
claire. Une telle décision ne peut et ne pourra jamais devenir une pratique
comme une autre.
Cette
pratique, fondée sur le respect des droits imprescriptibles de la personne,
ne doit tendre qu'à inscrire fermement les fins de vie et, éventuellement,
les arrêts de vie, au sein de la vie elle-même et à ne pas exclure d'un
monde humanisé les derniers instants d'une existence donnée.
27
janvier 2000
En
fait, les incontestables progrès de la médecine et de la technique et les
fantasmes d'immortalité ont conduit bien souvent à déposséder la personne
de sa mort ; à ne pas toujours lui permettre -là où ce serait
encore possible- de prendre en charge ses derniers moments et de les vivre.
En
effet la mort fait encore partie de la vie d'une certaine manière. Elle l'achève
et la clôture et lui permet d'arriver à une forme d'unité. L'identité d'une
personne n'est en effet jamais définie tant qu'elle n'est pas close. Et le
pouvoir mystérieux de la mort tient dans le fait que, tout en mettant fin à la
vie (en l'anéantissant, hors toute perspective de foi), il lui donne pourtant
valeur et sens. La scansion et la sanction de la mort forment les conditions
d'existence du temps humain lui-même.
Dans
ces textes, le CCNE définit
Le refus de l'acharnement thérapeutique :
« L'acharnement
thérapeutique se définit comme une obstination déraisonnable, refusant
par un raisonnement buté de reconnaître qu'un homme est voué à la mort et
qu'il n'est pas curable. L'accord quant à son rejet est aujourd'hui largement réalisé,
tant par les instances religieuses, qu'éthiques et déontologiques. Dès 1957
le pape Pie XII reconnaissait que le devoir de soigner n'impliquait pas le
recours à des moyens thérapeutiques inutiles, disproportionnés ou imposant
une charge qu'il (le malade) jugerait extrême pour lui-même ou pour autrui. Ce
point est réaffirmé en 1980 dans la Déclaration sur l'euthanasie
de la Congrégation pour la Doctrine de la foi (point 4, [12]) et, pour
l'ensemble, est partagé par les diverses instances religieuses et spirituelles.
De la même façon, tous les comités d'éthique qui ont eu à réfléchir sur
l'euthanasie ces dernières années dénoncent... l'acharnement thérapeutique
déraisonnable, poursuivi au-delà de tout espoir. [La thérapeutique] doit
laisser place à l'apaisement des souffrances qui reste le devoir du médecin
[7].
Le
Code de déontologie médicale de 1995[19] indique pour sa part en son
article 37 qu'en toutes circonstances, le médecin doit s'efforcer de soulager
les souffrances de son malade, l'assister moralement et éviter toute
obstination déraisonnable dans les investigations thérapeutiques. Et le
commentaire du Code de préciser qu'un souci outrancier de prolonger la vie peut
conduire à des excès.
Il
est vrai que la mise en oeuvre de ces principes reste difficile dans la pratique
quotidienne. Elle se heurte notamment à la difficulté de reconnaître de façon
précise les stades ultimes de la vie. On ne peut nier qu'il soit pénible aux
soignants de renoncer aux traitements à visée curative pour passer aux soins
palliatifs.
Le cadre du débat
Certaines
situations peuvent être considérées comme extrêmes ou exceptionnelles, là où
elles se présentent d'abord comme hors normes. La norme en effet tient ici dans
la nécessité pour le soignant de soigner -quoi qu'il en soit- et, pour le
patient, de vouloir (sur)vivre. Mais il se peut aussi que cette volonté non
seulement fasse défaut, mais se présente, à l'inverse, comme volonté d'en
finir et de mourir.
C'est
alors que se pose la question de l'euthanasie proprement dite.
Celle-ci
consiste en l'acte d'un tiers qui met délibérément fin à la vie d'une
personne dans l'intention de mettre un terme à une situation jugée
insupportable.
Le
CCNE unanime condamne un tel acte, envisagé et effectué hors de toute forme de
demande ou de consentement de la personne elle-même ou de ses représentants.
Mais
à supposer qu'une demande de suicide assisté soit sincère, déterminée et répétée,
et ne cache pas un appel à l'aide, la question éthique se pose du fait de la
difficulté de faire droit à deux exigences légitimes mais contradictoires:
§
Entendre la volonté de chaque personne, ses choix concernant sa liberté,
son indépendance et son autonomie.
§
Assumer et assurer pour le corps social, dont la médecine est, à sa
manière, le représentant auprès de tout malade, la défense et la promotion
de valeurs, en dehors desquelles il n'y aurait ni groupe, ni société. Cette
exigence se trouve tout particulièrement redoublée en ce qui concerne le corps
médical, dont la vocation est de soigner la personne, d'aider à la vie et de
ne jamais blesser la confiance que le patient peut mettre en lui. Ce que
souligne avec force la dernière phrase de l'article 38 du Code de déontologie:
le médecin n'a pas le droit de provoquer délibérément la mort.
Le
CCNE s'est d'ailleurs déjà trouvé confronté à ce dilemme dans son rapport
sur le consentement éclairé [9]. Il n'a pas cru pouvoir y répondre de façon
simple, mais s'est efforcé de trouver les voies moyennes de compromis, plus ou
moins satisfaisants au regard de la pure rationalité.
Cette
difficulté fondamentale se trouve accentuée par les évolutions de la science
et de la technique elles-mêmes. Il n'est en effet pas douteux que
celles-ci, au service de la médecine et du malade, se révèlent de puissants
et précieux auxiliaires dont la légitimité ne saurait être contestée. Et
pourtant, dans un nombre de cas non négligeable, les avancées scientifiques et
techniques posent des problèmes humains et éthiques inédits, bien difficiles
à résoudre. Dans ce registre, se pose de façon particulièrement délicate le
problème du patient privé de la capacité à exprimer sa volonté, qu'il
s'agisse de nouveau-nés, de grands vieillards ou d'individus plus jeunes,
victimes d'accidents graves ou de maladies les privant de moyens de communiquer.
Tels
sont quelques-uns des problèmes dramatiques nouveaux, rançon de l'efficacité
technique, auxquels la société est confrontée.
Par
ailleurs on avance que :
En termes juridiques, une dépénalisation de l'assistance à mourir
devrait protéger suffisamment la liberté de chacun et éviter l'actuelle
clandestinité et son cortège de déviances.
Pourtant,
l'euthanasie active resterait une infraction.
Mais
dans certaines circonstances, il serait admis des dérogations et des exonérations
quant à la culpabilité de celui qui aide à mourir. Ainsi:
Face
au dilemme, le Comité propose d'aborder le problème différemment.
Engagement
solidaire et exception d'euthanasie
Ces
ouvertures exceptionnelles s'articulent autour de la notion de consentir
et de consentement.
Dès
lors, faire face aux diverses exigences du consentement engage, en situation, à
la solidarité et autorise l'action. Celle-ci ne signifie pas l'application
aveugle d'une règle impersonnelle et déresponsabilisante, mais la décision
mûrement pesée et réfléchie de prendre le risque d'agir au moins mal.
Par
ailleurs, il n'est jamais sain pour une société de vivre un décalage trop
important entre les règles affirmées et la réalité vécue. L'engagement
solidaire est, de fait, déjà une réalité, mais, plus ou moins clandestin, il
s'exerce de façon inégalitaire et anarchique. De ce fait, s'instaure une
manière de déni d'éthique à un double niveau : hypocrisie et clandestinité
d'une part ; issues inégales en fonction des procédures et des
juridictions sollicitées (lorsqu'elles le sont) de l'autre.
Canada
: acte qui consiste à provoquer intentionnellement la mort d'autrui pour
mettre fin à ses souffrances.
Belgique
: acte pratiqué par un tiers qui met intentionnellement fin à la vie d'une
personne à la demande de celle-ci.
Luxembourg
: l'acte de provoquer délibérément la mort d'un malade, d'une personne
handicapée ou d'un nouveau-né gravement malformé, l'acte étant posé soit à
la demande expresse de la personne concernée soit sans sa demande expresse ou même
contre sa volonté ; La gamme des motivations de l'acte d'euthanasie peut
s'étendre notamment du respect de l'autonomie du malade ou de la personne
handicapée à la pitié et, on ne s'en souvient que trop bien, à des
motivations eugéniques.
Danemark
: l'assistance médicale pour abréger une vie de souffrance insupportable.
Portugal
: la mort intentionnelle d'un malade provoquée par quiconque, notamment sur
décision médicale, même si cela est fait à titre de demande et/ou de
compassion.
Un consensus absolu existe au
sujet de certains actes et attitudes, notamment :
- l'acceptabilité, des points de vue médical
et moral, de l’abstention ou l'interruption des traitements devenus
inefficaces, à condition de tout mettre en oeuvre pour assurer le confort
et le bien-être du malade (ce que certains appellent l'euthanasie passive).
Il est à noter que le parlement danois
a voté une loi sur l'euthanasie passive en 1992. D'après les termes de cette
loi, un patient peut toujours refuser un traitement, notamment celui visant à
le maintenir en vie artificiellement. Si ces traitements sont inutiles (futile
dans la traduction anglaise du rapport), le médecin doit s'abstenir de les réaliser
Un
certain nombre de pays démocratiques, notamment les Pays-Bas et la Suisse, ont
d'ores et déjà légiféré sur l'euthanasie. Dans le cas de la Suisse,
l'article 114 du Code pénal condamne l'euthanasie d'une personne à sa demande,
tandis que l'article 115 admet l'assistance au suicide, pour peu qu'aucun intérêt
personnel ou égoïste du tiers intervenant ne soit en cause. Un projet
actuellement en discussion au Conseil Fédéral autoriserait l'euthanasie active
réalisée à la demande du malade incurable.